Le World Resources Institute (WRI) met à jour ses données sur les paysages forestiers intacts : leur superficie a reculé de 15% entre 2000 et 2025, soit 195 millions d’hectares, l’équivalent du Mexique. Extraits sur les facteurs de cette réduction :
📍 « Depuis 2020, les incendies [d’origine humaine] sont devenus le principal facteur de réduction des paysages forestiers intacts. »
📍 « L’exploitation forestière (y compris la coupe à blanc et l’exploitation sélective), 2ème facteur de réduction des paysages forestiers intacts depuis 2020, demeure une cause majeure de cette diminution, représentant environ 20% de la réduction totale observée durant cette période. Elle reste le principal facteur de réduction des paysages forestiers intacts en Afrique, en Asie du Sud-Est et dans les régions tempérées d’Eurasie. La réduction annuelle moyenne des paysages forestiers intacts due à l’exploitation forestière a augmenté dans la zone boréale d’Eurasie, où les coupes à blanc (une pratique consistant à abattre tous les arbres d’une zone donnée simultanément) se sont étendues aux forêts boréales. »
➡️ Ce graphique du WRI présente les dix pays qui abritent les plus grandes superficies de paysages forestiers intacts en 2025 (en vert), et la superficie perdue entre 2000 et 2025 (en rouge). Selon le WRI, ces dix pays représentent près de 90% des paysages forestiers intacts restants. Trois d’entre eux dominent : le Canada, la Russie et le Brésil, qui concentrent plus de 65% du total mondial. Ce sont aussi ceux qui ont perdu le plus en valeur absolue : 53 millions d’hectares pour la Russie, 33 pour le Brésil et 29 pour le Canada. La Russie a ainsi perdu environ un cinquième de ses forêts intactes en 25 ans. Le classement ne mesure donc pas la qualité de la gestion forestière : un pays peut détenir un grand massif intact et enregistrer de fortes pertes.
➡️ Voir les autres graphiques disponibles dans l’article.
Quel lien avec le RDUE (règlement UE ʺzéro-déforestationʺ) ?
Les données 2020 à 2025 couvrent, pour l’essentiel, la période postérieure à la date butoir du RDUE (31/12/2020, art. 2, point 13). Lorsque la perte d’un massif intact correspond à une conversion agricole (déforestation, art. 2, point 3) ou, pour le bois, à une dégradation au sens du règlement (art. 2, point 7), les produits qui en sont issus ne peuvent être ni mis sur le marché de l’UE, ni exportés (art. 3). Un massif fragmenté par une piste ou une coupe sélective perd son statut « intact », mais reste une forêt. Une forêt défrichée pour une mine ou un forage, à l’origine de près de 19% des pertes selon le WRI, ne relève pas non plus de la déforestation au sens du RDUE, l’usage n’étant pas agricole. Le bois qui en est issu doit néanmoins avoir été récolté conformément à la législation du pays de production (art. 3, point b). La donnée du WRI est donc un signal de risque, pas une preuve de non conformité. C’est tout l’enjeu de l’analyse de risque.
Source : article WRI.






